A PROPOS DES TRADITIONS DE MESSINES
Messines est un des quartiers de la Ville de Mons. Celui-ci bénéficie d'une tradition solidement ancrée.
I. La famille Lariflard
Parmi les traditions du folklore messinois, la Ducasse de Messines trouve son origine vers l’an 1620, à l'occasion d'un pèlerinage à l’église Notre-Dame de Messines. Au fil des siècles, à côté de la fête religieuse se sont installées des réjouissances populaires qui ont persisté jusqu’à maintenant.
C’est vers 1990 que les quatre géants figurant la famille Lariflard ont vu le jour. Il s’agit de Batisse et Lalie et leurs enfants Biloute et Trinette. C'est dans la riche tradition des marionnettes montoises (le théâtre de marionnettes « le bétieme nos bolomes) qu'ils puisent leurs origines. Ils représentent une famille typique de gens de maison.
Lors de leur sortie, à l’occasion de la Ducasse, les géants se mettent à danser. Comme le veut la tradition, Batisse offre à Lalie une belle potée d'azalée. Puis, ils se procurent les indispensables accessoires: une petite gaïole pour Batisse, un wa-wa pour Biloute et un bouquet d'aïettes pour Trinette.
Dans tous leurs déplacements, les géants sont accompagnés par le groupe des Grands Dépindeux d'Gaïoles. Jusqu'au 20ème siècle, dans toute la ville, les ruelles (chasses) étaient nombreuses et très animées. Dès le printemps les façades des maisonnettes étaient chaulées et se garnissaient de petites cages (« gaïoles ») contenant des pinsons.
L’émulation était soigneusement entretenue car les oiseaux se stimuLalient par leurs chants, et on devine la fierté de celui qui possédait le meilleur "chanteur".
Ces gaïoles étaient suspendues le plus haut possible pour éviter que des ropieurs facétieux ne puissent les atteindre. Pour les décrocher il fallait donc être très grand. D’où le surnom de Grands Dépindeux d'Gaïoles.
De fait, il est bien normal que lorsque les géants dansent, c'est sur l'air de "L'petite Gaïole".
Pour en revenir à la famille Lariflard, c'est dans la riche tradition des anciennes marionnettes montoises du Bétième "Sôdart" (marionnettes à fil et d'une hauteur de 30cm), crées par Auguste Dubuisson au 19ème siècle, et transformées par la suite par Arthur Lossignol qu’e sont issus Batisse et Lalie. Biloute et Trinette, leurs rejetons, trouvent aussi leur origine chez les marionnettistes montois, mais contemporains cette fois.
Héro d’un livre pour enfants, crée par Gérard Noirfalise, le personnage de Biloute, né en 1994, est la figure du ropieur montois. Il est également devenu la marionnette fétiche du « bétieme nos bolomes » de René Lemur.
II. Les objets du folklore (> un site illustré sur le sujet !)
Ces objets sont le souvenir de jouets autrefois fabriqués par des Messinois au chômage pendant l'hiver. Ils les vendaient pendant la ducasse et s'assuraient ainsi un petit revenu complémentaire. Ils sont aujourd'hui mis en vente le dimanche de la Ducasse, au coeur du marché.
> Moulin: ossature d'osier et de bambou recouverte de papier coloré, agrémenté de petites ailettes (jadis fabriquées avec des cartes à jouer) qui tournent au vent.
> Gayole: petite cage de bois contenant un oiseau stylisé. Cet objet rappelle les cages à pinson qui jadis étaient suspendues très haut sur les façades des maisons afin que les prédateurs ne puissent les atteindre.
> Wa-wa: petite boîte cylindrique en carton fermée d'un seul côté, recouverte de papier peint et relié à un bâton par une ficelle. En faisant tourner la boîte autour du bâton, on produit un son semblable à l'aboiement d'un chien.
> Sôdart: petit soldat de bois sculpté à la main, habillé de différents uniformes des régiments casernés à Mons.
> Rossignol: petite poterie creuse en terre cuite, percée de 6 trous et munie d'un bec, et remplie d'eau. En soufflant par le bec, on produit une mélodie similaire au chant du rossignol. Il s'agit d'un produit de la petite industrie de terre plastique de Sirault, Baudour et Stambruges.
Les ferblantiers, les zingueurs obligés de chômer eux aussi en hiver fabriquaient de petits seaux et arrosoirs qu'ils vendaient aux pèlerins, afin de subvenir aux besoins de leur famille.
Comme les pèlerins devaient se sustenter, on mettait en vente les fameux flans de Messines, les oranges (les premières à l'époque) et la tarte à l'équerette, ainsi dénommée parce qu'installée sur la petite charrette qui avait servi à la transporter au pied de l'église.
III. Présent et avenir
Qu’on en juge : début 2009 Biloute devenait le parrain de Marie Jeanine de la Primevères, une géante Québecoise… Le 19 mai 2010, la Ducasse de Messine a été reconnue comme étant un des chefs d’œuvre oraux et immatériels de la Communauté française… Enfin, à l’automne 2010, un musée de Messines ouvrira ses portes dans l’ancienne savonnerie…